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12.6.14

Pourqoi ce blog?

By National Photo Company [Public domain], via Wikimedia Commons

Les blogs à propos des startups pululent, y compris des grands sites tels que TechCrunch, VentureBeat et bien d'autres encore. Pourquoi donc en rajouter? Qu'est-ce que je peux contribuer qui n'est pas déjà dit ailleurs?

Et bien, pour commencer, en tant que startiste, j'ai toujours ressenti une réaction occipitale assez forte contre l'argument tradionnel que ceci ou cela a déjà été fait ou dit. Des traits communs caractérisent ceux qui choisissent la voie startup, et de ces traits émanent une sorte de credo : que tout peut être repensé, refait, ou amélioré; et qu'aucun compétiteur ne peut devenir si dominant et si enraciné qu'il n'est plus susceptible d'être pris de revers par une quelconque innovation ou approche disruptive.

Ensuite, mon propre parcours startup a été inhabituel, voire unique, dans ses situations historique et géographique. J'ai fondé ma première startup en 1987 ; notre équipe a appris à bien connaitre ce regard vacant, ces visages en point d'interrogation, lorsque nous décrivions à tort et à travers l'importance de l'Internet. Ma carrière comprend le moment auquel l'Internet est devenue une chose publique, la naissance de Web, et l'avènement des technologies mobiles, partant de ses formes initiales plutôt maladroites jusqu'à sa forme actuelle, franchement plus agréable. Bref, j'ai été témoin de Toutes Les Façons Que Tout a Changé.

J'ai connu le milieu startup sur deux continents — pour une majeure partie de ma vie aux Etats-Unis, et depuis 2010 essentiellement en Ile-de-France. L'expérience des ces deux écosytèmes très différents m'a donné un recul, une perspective, qu'il serait difficile d'obtenir en ne restant que dans un seul de ces mondes.

Parcourant le contenu disponible en ligne, j'ai trouvé beaucoup de choses intéressantes et très peu de choses utiles. Si l'on veut bien se satisfaire d'informations style «actu» — les financements, les deals, qui est à l'affiche, les tendances etc. — nous sommes déjà relativement bien servis par la blogosphère. Mais des conseils pratiques, utilisables hic et nunc, c'est nettement plus difficile à en trouver.

Mais ma raison principale pour entreprendre la rédaction de ce blog est plus ambitieuse. Ce n'est pas de commencer un mouvement social, mais plutôt pour donner voix à un mouvement qui évolue déjà. Ceci est nécessaire car les préconisateurs de ce mouvement ne se perçoivent pas en tant que tel. Quelles sont les caractéristiques de ce mouvement? En voici quelques unes — ce n'est pas une définition rigoureuse, plutôt une série de points pour indiquer une tendance:

  • Des startups avec des missions très ambitieuses sont en train d'être lancés par des co-fondateurs qui n'aspirent pas à acquérir une fortune matérielle — c'est à dire, ils ne rêvent pas de devenir le prochain Larry Page ou Mark Zuckerberg
  • Des startups créant des modêles commerciaux qui, dès le départ, prévoient un ralentissement des revenus à terme, contrairement à l'approche toujours-plus qui a caracterisé (et contrarié) l'entreprenariat depuis la fin du 19è siècle
  • Des nouvelles sociétés qui définissent leur contribution à la communauté et leur adhésion aux principes moraux comme KPI et non comme objectifs secondaires

C'est un débat qui perdure depuis longtemps: quand, et à quels fins, doit-on compter sur l'Etat pour améliorer notre sort? Et quand et à quels fins doit-on plutôt compter sur le Marché?

Aux extrèmes de ce débat il existe un consensus assez stable : peu de gens souhaitent que l'état devienne fabriquant de grille-pains, et peu souhaitent que l'entreprise soit l'auteur de nos lois. Mais dans la zone grise du centre on trouve beaucoup de contentieux : est-ce que la recherche scientifique, par exemple, doit être effectuée par des organisations publiques, ou privées, ou par une sorte d'hybride. Ce que je détecte dans cette nouvelle génération de startups, ce que les analystes de tendances aiment appeler un signal faible, c'est l'émergence possible d'une Troisième Voie — le timide début d'une méthodologie qui pourrait mettre fin à ce débat état/marché en transcendant les contraintes qui lui ont donné lieu d'être. Je souhaite contribuer à cette émergence, et dans l'attente de voir clairement la meilleur façon d'y contribuer, je vais tenter de la décrire.

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