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24.6.14

Ecosystèmes startup: US vs. France: méthodologie de comparaison

Ayant renoncé à toute prétention d’objectivité, je voulais toutefois suivre une méthodologie pour donner une structure claire à ma comparaison des écosystèmes startup. Etant donné la nature essentiellement qualitative, et plutôt subjective, de mon analyse, je ne sais pas si le mot «méthodologie» est même justifié — le mot «recette» (dans le sens d’une recette de cuisine) serait sans doute plus approprié.

Pour commencer, j’ai identifié les six facteurs que j’estime les plus importants dans l’évaluation d’un pays comme lieu de naissance potentiel d’une startup.

Ces facteurs sont, en ordre croissant d’importance :

Accès au Capital Education Main d’Oeuvre Juridique & Admin. Culture Accès aux Marchés
  • Accès au capital — c’est sûr, financement = carburant. Nous ne pouvons pas nous en passer. Le capital étant portable, il faudra considérer l’accès du capital en provenance de toutes sources, et pas seulement la disponibilité locale.
  • Education — dans le contexte de cette analyse, j’entends par «éducation» la qualité, l’uniformité, l’adaptabilité et la pertinence contextuelle des systèmes d’éducation prévalents. Ici «qualité» ne signifie pas une vague notion d’excellence mais seulement la réponse à la question: les diplomés peuvent-ils mettre en exercice dans le monde extracurriculaire les connaissances acquises au cours de leurs études? Pour l’uniformité, il s’agit de savoir si un niveau donné d’avancement dans les études (disons un Masters) est à peu près comparable d’une institution à l’autre. Pour l’adaptabilité, la question est de savoir à quelle vitesse, et avec quel niveau de compétence, les institutions pédagogiques parviennent à internaliser les innovations et évolutions de l’état de l’art dans leurs cursus. La pertinence contextuelle mesure l’alignement des compétences acquises par les étudiants avec les compétences recherchées pas les startups.
  • Main d’œuvre (ou effectifs) — Les gens sont-ils prêts à travailler? Le souhaitent-ils? En sont-ils capables? Sont-ils mobiles? Sont-ils faciles à trouver, valider, embaucher, licencier? Quelles sont les caractéristiques déterminantes des relations entre les employeurs et les employés?
  • Juridique & Administratif — cette catégorie plutôt vaste sert pour toutes les obligations bureaucratique qu’un lieu donné impose à ceux qui souhaitent lancer une entreprise.
  • Culture — ce facteur qui défie toute tentative de quantification reçoit néanmoins la médaille d’argent dans le classement d’importance pour l’évaluation des écosystèmes startup. Quelles sont les attitudes courantes envers le risque et l’innovation? Quel est le regard que porte le public, et les institutions, sur les petites entreprises? Les gens sont-ils prêts à travailler pour des sociétés à l’avenir incertain, pour créer et vendre des produits ou services qui n’ont pas encore fait leurs preuves? Ces questions recoupent forcément toutes les autres catégories, mais exigent aussi d’être traitées séparément.
  • Accès aux marchés — que votre ambition soit d’être la prochaine Mère Teresa ou le prochain Steve Jobs, tout dépendra, finalement, de votre capacité de placer votre offre entre les mains de ceux qui le désirent ou en ont besoin. De nombreuses considérations pèsent sur cette question: est-ce un terrain de jeu équitable? Quelles sont la qualité et l’uniformité de l’accès aux infrastructures logistiques (que ce soit opérateurs Internet pour les services en ligne, ou transports + fret + entrepôts s’il s’agit de vendre des atomes et non des octets)? La nation qui héberge votre startup, facilite-t-elle ou complique-t-elle l’accès au marchés au delà de ses frontières? Les startups en ligne (offres Web, applications mobiles etc.) bénéficient d’une certain niveau d’immunité à cet égard, mais ce n’est pas une invulnérabilité.

Pour chacun de ces facteurs, et pour chaque pays, j’ai déterminé deux notes, allant de 0 à 100 : la première mesure la performance du pays dans cette catégorie aujourd’hui; la deuxième indique sa performance probable dans dix ans, si les tendances actuelles se prolongent. Une note de 100 irait à un écosystème utopique, parfait pour les startups à tous les égards. Une note de 0 serait donné à une planète glaciale et inhabitée au fins fonds de l’espace intersidéral.

Ces deux chiffres nous donnent une simple flèche, allant du moment présent jusqu’à une année 2024 stipulée, indiquant l’élan ou le déclin du pays dans le secteur indiqué.

Chacune des catégories est accordée une pondération numérique représentant sa relative importance, allant de 1.0 (accès au capital) jusqu’à 2.0 (accès aux marchés). Les notes pour chaque catégorie sont multipliées par leurs pondération, et nous donnent ainsi la flèche résumant l’ensemble de l’analyse.

Je déclare pour qu’il n’y aie aucun malentendu que ces pondérations, ainsi que les notes individuelles, ont été établies du moins en partie en employant la méthode dite «du doigt mouillé». Ce système de notes a surtout pour but de permettre une visualisation rapide et facile des tendances telles que je les conçois. Je ne prétends à aucune rigueur scientifique dans le «calcul» de ces valeurs. La procédure ressemble plus à un instituteur donnant des notes dans un cours de dessin, qu’à un arpenteur mesurant soigneusement l’altitude d’une colline.

Si cette méthodologie vous plaît, mais vous n’êtes pas d’accord avec mes évaluations (ou chiffrages), je vous invite à télécharger le tableau et à insérer vos propres pondérations et valeurs dans le modèle.

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